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Quand la personne disparaît derrière la maladie

  • Sofia
  • 15 juil.
  • 2 min de lecture

Quand la maladie prend toute la place

Lorsqu'une maladie s'invite dans une vie, elle ne vient jamais seule.

Elle arrive avec ses examens, ses traitements, ses rendez-vous, ses résultats. Elle apporte son vocabulaire, ses inquiétudes, ses angoisses, ses contraintes et parfois ses renoncements.

Progressivement, souvent sans que personne ne le souhaite, elle finit par occuper une grande partie de l'espace.

L'espace du quotidien.

L'espace des pensées.

L'espace des conversations.

Autour de la personne malade, les échanges changent souvent de nature. Les proches demandent des nouvelles des examens. Les professionnels parlent des traitements. Les rendez-vous s'enchaînent. Les questions se concentrent sur l'évolution de la maladie.

Tout cela est nécessaire, Tout cela est important.

Mais au milieu de cette attention portée à la maladie, quelque chose peut parfois devenir plus discret : la personne elle-même.


Quand la personne disparaît derrière la maladie

Être malade ne fait pas disparaître le reste.

La peur peut être présente, bien sûr.

Mais il peut aussi y avoir de la colère, de la fatigue, des souvenirs, des regrets, des espoirs, des projets, des questions existentielles ou simplement l'envie de parler d'autre chose.

La personne malade continue d'être une personne entière.

Pourtant, il arrive que l'entourage, souvent avec les meilleures intentions du monde, ramène systématiquement les échanges à la maladie.

Comment vont les résultats ?

Que dit le médecin ?

Le traitement fonctionne-t-il ?

Ces questions sont légitimes. Elles traduisent souvent de l'inquiétude ou de l'attention.

Mais elles peuvent parfois enfermer la personne dans un rôle unique : celui de malade.

Comme si tout le reste était momentanément suspendu.


Le besoin d'un espace différent

Certaines personnes touchées par la maladie ressentent alors un besoin particulier.

Non pas celui de parler davantage de leur maladie.

Mais celui de retrouver un endroit où elles peuvent exister autrement.

Un lieu où elles peuvent évoquer ce qui les préoccupe, ce qui les habite ou ce qui leur manque.

Un lieu où elles ne sont pas réduites à un diagnostic.

Un lieu où elles peuvent être accueillies dans toute leur complexité humaine.

Parfois, parler de la maladie soulage.

Parfois, parler d'autre chose soulage tout autant.

Parce que pendant quelques instants, la personne retrouve une place que la maladie avait fini par occuper.


Écouter la personne, pas seulement la maladie

Écouter ne consiste pas uniquement à entendre ce qui fait souffrir.

Écouter, c'est aussi reconnaître la personne qui se trouve derrière cette souffrance.

C'est lui permettre de parler librement de ce qui est important pour elle.

C'est lui laisser la possibilité d'être davantage qu'un dossier médical, qu'un résultat d'examen ou qu'un traitement en cours.

La maladie mérite d'être prise en charge.

La personne mérite d'être entendue.

Et parfois, dans les périodes les plus difficiles, cette différence a plus d'importance qu'il n'y paraît.

 
 
 

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